Chaque trimestre, les entreprises cotées en bourse publient leurs résultats financiers.
Ces rapports influencent le prix des actions, mais pas toujours comme on pourrait le penser.
Je t’explique ce que tu dois savoir.
La publication des rapports financiers
Les entreprises cotées en bourse ont l’obligation légale de publier des rapports financiers (aussi appelés earnings reports en anglais).
Ces rapports regroupent plusieurs documents importants :
- Le compte de résultat, qui montre ce que l’entreprise a gagné et dépensé sur une période donnée
- Le bilan, qui liste tout ce qu’elle possède (actifs) et ce qu’elle doit (dettes)
- Le tableau des flux de trésorerie, qui suit les mouvements d’argent dans l’entreprise
- Les notes annexes, qui expliquent certains chiffres et précisent les choix comptables
Voilà un exemple d'un compte d'un bilan (qui se dit balance sheet en anglais) de l'entreprise Tesla pour le 4eme trimestre de 2024 :

À quelle fréquence sont-ils publiés ?
L’année est divisée en quatre trimestres (quarters ou Q en anglais) :
- Q1 : janvier - mars (publié en avril)
- Q2 : avril - juin (publié en juillet)
- Q3 : juillet - septembre (publié en octobre)
- Q4 : octobre - décembre (publié en janvier de l’année suivante)
On peut obtenir les dates de publication sur des sites comme Yahoo finance.
Voici un exemple des dates de publication passées et futures, pour l’entreprise Apple :

Quelles différences entre les rapports trimestriels et annuels ?
Les rapports trimestriels sont publiés quatre fois par an et permettent de suivre l’évolution de l’entreprise à court terme.
Le rapport annuel est un récapitulatif des performances sur l’année.
Il donne une vision plus large et inclut souvent des commentaires sur la stratégie à venir.
Mais concrètement, à quoi ça sert ?
Ces rapports aident les investisseurs à comprendre la santé financière d’une entreprise et à ajuster leurs décisions.
Pour ceux qui savent les interpréter, ils permettent de répondre à des questions comme :
- L’entreprise fait-elle du profit ?
- Combien de jours s’écoulent entre la livraison d’un produit et le paiement reçu ?
- Investit-elle dans de nouvelles machines pour augmenter sa production ?
- A-t-elle des projets intéressants pour l’avenir ?
Sans ces informations, il serait difficile pour un investisseur de savoir si une action vaut la peine d’être achetée, conservée ou vendue.
Qui peut analyser ces rapports ?
Tout le monde peut y accéder et les analyser, mais leur interprétation demande une certaine expérience.
Une des méthodes les plus utilisées est l’analyse fondamentale, dont l’objectif est d’estimer la valeur réelle d’une entreprise.
Mais l’analyse ne se limite pas aux chiffres.
Deux entreprises du même secteur peuvent avoir des résultats similaires et pourtant être perçues très différemment en fonction de leur stratégie, de leur marché ou de leur potentiel de croissance.
Il faut aussi comprendre l’activité, la concurrence et le contexte économique.
Même avec des données identiques, deux investisseurs peuvent arriver à des conclusions opposées.
Les entreprises peuvent-elles tricher avec les chiffres ?
Comme les entreprises publient elles-mêmes leurs rapports, on pourrait croire qu’elles peuvent manipuler les chiffres.
Mais ce n’est pas le cas, en principe, tout est fait pour garantir la transparence.
Les publications sont encadrées par des organismes comme la SEC aux États-Unis et l’AMF en France.
Des scandales comme celui d’Enron ont montré que certaines entreprises avaient falsifié leurs comptes, provoquant des crises financières majeures.
Depuis, des lois comme la Sarbanes-Oxley (SOX) imposent des contrôles stricts.
Des auditeurs internes et externes (EY, KPMG…) doivent valider les chiffres avant les publications.
Les entreprises peuvent-elles influencer leurs résultats ?
Certaines entreprises adoptent des stratégies pour améliorer leurs chiffres sur le papier.
Par exemple, Tesla propose parfois des promotions sur ses voitures pour booster ses ventes à la fin d’un trimestre.

Conséquence : les ventes augmentent juste avant la publication des résultats.
Mais cette technique peut avoir un effet indésirable.
Si les consommateurs s’attendent à des promotions régulières, ils retardent leurs achats, ce qui peut créer des creux de ventes.
Comment les investisseurs réagissent aux rapports financiers ?
Les investisseurs ne réagissent pas uniquement après la publication.
Ils tentent en permanence d’anticiper les résultats.
S’ils pensent qu’une entreprise va dépasser les attentes, ils achètent avant la publication.
À l’inverse, s’ils prévoient des résultats décevants, ils vendent avant l’annonce.
Mais le marché ne suit pas toujours cette logique.
Une mauvaise nouvelle peut être déjà intégrée dans le cours de l’action bien avant la publication.
Si une entreprise annonce des résultats en baisse, mais moins mauvais que prévu, son action peut même monter.
Inversement, une publication positive peut provoquer une baisse si les attentes du marché étaient encore plus élevées.
C’est ce qui s’est passé avec l'entreprise NVDIA pour le deuxième trimestre 2024.
Son chiffre d’affaires a augmenté de 122 % et son bénéfice net de 168 %.
Pourtant, l’action a perdu près de 7 % en quelques jours.
Les investisseurs s’attendaient à une croissance encore plus forte.

Les marchés sont imprévisibles
Certains investisseurs réagissent immédiatement, d’autres jouent sur le long terme.
Même une analyse pertinente peut être remise en cause si le marché réagit différemment de ce qui était anticipé.
C’est ce qui est arrivé à SAD, le jeune investisseur qui a perdu une grande partie de son héritage en tentant de spéculer sur les résultats d’Intel.
Comment tirer parti de ces rapports ?
Si tu fais du trading à court terme, tu dois faire attention aux périodes autour des publications.
Évite d’anticiper les résultats sans information pertinente.
Les mouvements sont souvent violents, et une bonne nouvelle peut ne pas suffire à faire monter le cours.
Si tu investis sur le long terme, dans le cadre d’une approche appelée stock picking (c'est à dire la sélection d’actions individuelles pour investir), ces rapports sont un bon point de départ pour évaluer une entreprise avant d’y investir.
Mais vérifie la tendance sur plusieurs trimestres et regarde si l’entreprise progresse de façon régulière et si ses perspectives restent intéressantes.
Ne te limite pas qu'aux chiffres.
Compare avec les concurrents, lis les commentaires des dirigeants et essaie de comprendre comment l’entreprise se positionne sur son marché.
Avertissement : il ne s’agit pas de conseils en investissement